Une fusée simple et sans danger...

(Cliquer sur les images pour les agrandir.)

Pour les jours où le vent est très faible, je voulais faire une fusée pour divertir les petits... voire les grands. Celles de Michel Trouillet à Cervolix m'ont bien inspiré, mais je ne voulais pas du diaphragme qui explose, qui rend presqu'obligatoire le compresseur, qu'il faut changer à chaque fois (et préparer en nombre avant...) et qui limite sans doute le débit au lancement. Je ne voulais pas non plus de fusée à eau (il faut recharger l'eau à chaque tir, donc démonter quelque chose et... emporter de l'eau !) ni de système trop compliqué.

vue generale
Après pas mal de dessins et d'essais en atelier et en plein air, je suis arrivé à une configuration minimale, assez simple à construire..
Le principe est de propulser la fusée par de l'air, comprimé au préalable dans un réservoir à l'aide d'une pompe à vélo sur pied. Jusqu'au départ, la fusée est maintenue par un joint torique qui assure l'étanchéité et qui maintient le corps de la fusée. Ce joint est comprimé de façon réglable par une grande rondelle, serrée par le couvercle à vis.

vue generaleUn tube prolongeant le corps du lanceur assure le guidage de la fusée au départ et prolonge la phase de propulsion. On ajoutera au haut du tube interne (en rouge sur le schéma) quelques tours de ruban adhésif pour améliorer un peu l'étanchéité pendant la course de départ de la fusée, mais celle-ci ne doit pas « serrer » sur ce "segment d'étanchéité". J'avais pensé à un crochet de retenue de la fusée permettant d'élever encore la pression avant le tir. En fait, la trajectoire est suffisamment élevée (30 m ?) pour mon besoin, et je n'ai donc pas installé cette complication. On pourrait gagner un peu d'altitude en comprimant plus fort le joint qui serrerait plus la fusée.

La fusée elle-même est un tronçon de 45 cm de tube gris IRL/PVC (diam. 20 mm), bouché en haut, auquel sont ajoutées des ailettes pour la stabilité. On peut confectionner celles-ci comme moi à l'aide d'une bouteille de soda dont on découpe des triangles, pliés et collés sur le corps à la cyano. On peut aussi faire ces ailettes avec de la mousse assez rigide et mince, souple toutefois pour ne pas se briser (ou blesser). J'ai vrillé un peu mes ailettes pour que la fusée tourne sur elle-même ce qui augmente sa stabilité (avec des passagers, ce ne serait pas recommandé...). La fusée est complétée par une coiffe en mousse assez dure (balle mousse, coussin de jardinier) qui amortit le choc à la retombée. Il faut coller une plaque sous la mousse pour répartir la pression, sinon, le tube, à l'impact, fonctionne comme un emporte-pièce, et il reste juste un petit cylindre de mousse, insuffisant pour amortir efficacement.

Le corps-réservoir est un tube d'évacuation des eaux d'un mètre, de diamètre 40 mm, que j'ai fermé, en haut comme en bas par des bouchons à vis comme on en trouve dans tous les rayons bricolage. Ils sont montés dans le tube élargi à chaud, et collés à la colle spéciale PVC. J'ai ajouté en bas une valve récupérée sur une chambre à air et collée par l'intérieur. Le tube est volontairement assez long, sans doute trop pour le besoin d'air. Mais ainsi, le sommet de la fusée est assez haut pour éviter que quelqu'un ne se la fasse partir dans la figure...


vue generale Photo de détail du haut. Les griffes internes du raccord sont supprimées, on voit la rondelle métal qui comprime le joint torique. L'élastique noir sert seulement à maintenir le tout après retournement pour rangement. Il est fixé au corps par un enroulement de ficelle et un peu de cyano...


vue generale Une rondelle à ailettes est collée sous le raccord Gardena, permettant de serrer la tête de lanceur sur le tube-réservoir. Ceci est nécessaire pour assurer l'étanchéité et éviter d'agir sur le raccord Gardena ce qui changerait le serrage du joint torique. Une clé simple tube+ficelle (photo) se prend sur les ailettes pour serrer comme ici, ou desserrer, ce qui est encore plus dur, en inversant les prises !


J'avais pensé à un parachute pour éviter tout danger, mais je n'ai pas trouvé de mécanisme simple, ceux que j'ai vus ne marchent pas ou très mal : ouverture non synchronisée avec l'apogée, défaut d'ouverture rendant la retombée à la fois dangereuse et auto-destructrice, la fusée n'étant pas prévue pour. Parmi les inconvénients du parachute figurent aussi : la nécessité d'allers-retours lointains pour ramener la fusée emportée avec le parachute par le vent, la complication de construction et le temps de réarmement. Je pense que, vu le poids très faible de ma fusée, la mousse évitera les blessures éventuelles, même si ça peut faire un Poc désagréable à l'impact !

A l'emploi, il suffit de visser le bouchon qui porte le tube interne, puis de dresser le corps en écartant ses 3 pieds pour créer une inclinaison judicieuse. (voir photo 1)
Ce pied est simplement constitué de 3 tubes liés en haut par une ficelle, ligaturée aussi de plusieurs tours autour du corps (voir diverses photos). Cette ligature coulisse à force pour permettre le réglage de l'angle. Le corps étant coincé entre les 2 pieds avant ne bouge plus.

Ensuite, on branche la pompe, on enfile la fusée sur le tube interne, on la force à travers le joint torique qui la maintient, et... on pompe. La fusée part vers 2,3 kg/m2 de pression, ce qui s'atteint sans peine en une dizaine de coups de pompe, et monte vers 30 m. On peut aider les jeunes enfants en pressant le haut de la pompe pour bien aller en butée à la compression, ce qui est indispensable.

Pour ranger, on sort la fusée (avec les ailettes, elle ne rentre malheureusement pas dans le corps), on démonte le raccord du haut pour retourner le tube interne dans le corps, ce qui le protège et diminue l'encombrement en longueur, et on rabat l'élastique dessus. Et voilà, c'est la pompe qui est la plus encombrante !

diedre


Pour finir, même si les tâtonnements initiaux ont été compliqués, j'ai essayé de faire simple à construire et à employer. Le plus difficile a été de réaliser une bonne étanchéité du total. Sinon, les autres problèmes rencontrés sur le terrain ont été la tenue de la mousse sur la fusée avant que je n'y mette une rondelle, et des ailettes décollées (ça marche encore très bien avec 2 sur 3 !). J'ai été surpris par la précision obtenue à l'impact : régulier à 2 ou 3 mètres près (sans vent), ce qui participe à la sécurité. Je vous recommande l'emploi pour distraire vous-même et les autres, les jours sans vent, ou lors d'un apéritif (à consommer avec modération !) entre copains curieux... Bon amusement...
haut