L'Oiseau Light.

La mode est au Light, en voici. C'est encore un oiseau évidemment, je ne sais pas faire autre chose... En fait, si vous regardez bien la structure, vous pourriez dire que c'est un Eddy de proportions inhabituelles, et un peu découpé sur les bords. L'Eddy vole bien, et l'oiseau-light aussi. Si vous l'avez déjà vu, je vous rappelle son dessin :

vue generale

Pour quelques photos, voyez la présentation "L'Oiseau Light"


LIGHT, ça veut dire fait pour des vents légers. Le but est d'avoir quelque chose à mettre en l'air quand ce dernier refuse absolument de se déplacer à une vitesse plaisante pour un cerf-voliste normalement constitué. Par exemple le matin, avant que la brise ne se lève vous pourrez voler dans le brouillard glacial alors que les autres seront au chaud devant un café (ou un grog...). Si le vent forcit trop, par contre, l'oiseau-light commence à se déformer, et a tendance en général à partir d'un coté ou de l'autre. Rentrez-le avec doigté avant qu'il ne parte en tonneau sur la ligne du TGV (même si vous êtes assuré par le CVCF). Plus la toile sera tendue et meilleure sera la symétrie, plus il pourra voler avec un vent important, en le mettant plus à plat.
LIGHT, ça veut aussi dire construire léger. Aussi, bien que l'envergure soit de 2,60 m, la structure est tout en tube carbone de... 4 mm. Si cela vous effraye, dites-vous d'abord que les bouts d'aile ont une portance quasi-nulle, donc les ailes ne se replient pas vers le haut ! Par ailleurs, le TC4 est très souple sur cette longueur. Il plie, mais résiste presque comme du jonc, en plus rigide quand même. Je n'ai jamais cassé en plus d'un an d'essais.
Les simili-triangles noirs en bout d'aile sont en dacron, en simple épaisseur, seulement repliés pour faire des fourreaux au bord d'attaque ; un fétu de carbone les empêche de s'enrouler sur eux-mêmes.
Le fil de tension avant doit seulement passer dans l'ourlet, et être attaché au tube près du bout d'aile. Si on l'attache directement au tissu de l'aile, cela détend le creux entre le redan et le corps, et le bord d'attaque de cette partie fait une "poche" qui traîne beaucoup.
Pour éviter la "poche" du paragraphe précédent, tendez bien le tissu du corps longitudinalement et transversalement. De plus j'ai dû mettre un "nerf de poche" dans l'ourlet entre le redan et le corps pour améliorer cet aspect qui rendait les réglages trop pointus. Ce nerf doit être juste assez tendu pour raidir le bord d'attaque de la poche sans provoquer de plis dans la pointe du redan.
La tension transversale de la toile doit être honnête. Mais comme l'aile n'est pas "profonde", le tissu se "prête" progressivement en largeur (c'est-à-dire en envergure) avec l'humidité et l'âge. Aussi le raccord central est assez long (25 cm) pour permettre un rattrapage évolutif de la tension. Ce raccord est en fait un tube carbone, entouré à chaque bout et à 5 cm de celui-ci de 3 ou 4 tours de scotch bien tendu qui le "frette" et l'empêche d'éclater. Une durit-butée sur le tube de 4 permet le réglage. Gardez toujours une longueur d'emboîtement d'au moins 5 cm pour éviter d'éclater le total, donc prévoyez large au début (12 cm, par exemple). Cela n'empêche pas de mettre des elastics de tension au bout des ailes (par exemple pour étaler les variations de tension en cas de pluie qui détend le tissu... qui se rebandera ensuite en séchant). La jonction centrale est un simple elastic (de bureau, ou de chambre à air dont la longévité est meilleure). Assez serré, il ne glisse pas, mais permet pourtant de replier les 2 tubes parallèlement pour le rangement.
Le dessin est assez échancré et la surface est donc limitée. De plus les bouts d'aile n'ont pour ainsi dire pas d'incidence et portent peu. Restez donc le plus léger possible, et n'ajoutez rien. C'est plus important que de mettre du spi ultra-léger (il y a 1 m2 de toile sur l'oiseau, vous pourriez peut-être gagner 10 g à grands frais). N'essayez pas non plus de dérouler 200 m de ficelle à 180 kg sous prétexte que celle-là ne vous coupe pas les doigts. L'oiseau ne doit pas tirer (sinon il se déforme) et est donc réglé "plat". Un fil trop lourd arrive vertical à la bride par vent faible et fait piquer le nez. J'utilise comme ligne (et comme bride) du fil à coudre les voiles de vrais bateaux, acheté au Vieux Campeur Marine (publicité non payée). Le seul défaut de ce fil fin est de ne pas être très visible : vous risquez d'être coupé par un deltaïste inconséquent (je le sais, je me suis coupé moi-même, alors !). Vous pouvez utilement mettre une "carpe" (light, bien sûr...) ou plusieurs pour signaler la présence de la ligne.

plan, structure


Les courbures (dièdre et longitudinale) sont assurées par des tendeurs et un petit mât central qui assure des valeurs plus constantes, ceci sans tensions excessives. Le tendeur de dièdre doit assurer en transversal 7 cm de flèche. Le tendeur longitudinal est dédoublé pour empêcher la queue de vriller en cas de vent plus fort ce qui ferait partir dissymétriquement sur un coté. Ne pas tendre en longi jusqu'à déformer la queue.


diedre



Le dièdre assure la stabilité latérale. La courbure longitudinale fait cabrer, ce qui assure la tension de la ligne et empêche le cerf-volant de passer au dessus de votre tête. Ceci pourrait arriver en cas de dévente ou après passage dans une ascendance qui amène l'oiseau trop à votre verticale. Le fait d'assurer les courbures indépendamment du vent permet alors une récupération sans problème. Réglez pour des courbures juste suffisantes, vous aurez moins de traînée et plus de portance. Si vous courbez trop, l'oiseau a du mal à monter, et l'angle de ligne est faible.
De même, si on tend trop le fil d'aile avant, l'oiseau se "creuse" et prend du dièdre tout seul (le fil de dièdre se détend et ne sert à rien). Redétendez le fil d'aile avant, en ce cas.
Vous pouvez mettre un (petit) lest à l'arrière qui améliore encore la récupération par vent faible. Mais le dosage entre "trop lourd" et "insuffisant pour avoir de l'effet" est délicat : le lest serait surtout intéressant... par vent faible !
N'attachez pas la bride à la tête et à la queue mais aux points indiqués, sinon la courbure du corps pourrait changer de sens (comme un parapluie) si le vent forcissait. Ne prenez pas non plus comme point avant de bride le raccord des longerons d'aile. Ca marche, mais c'est quand même un peu trop en arrière : quand vous tirez, l'oiseau cabre au lieu de monter. La bride est juste un fil passé à travers le spi et noué sur le tube central. Une petite bague en durit empêche le glissement qui déchirerait la toile.
Pour démonter, enlevez le mat central et déboîtez le raccord de queue puis les tubes d'ailes en jouant sur la souplesse du tube 4.
Si vous avez des problèmes de stabilité en vol, essayez de régler très à plat : l'oiseau, de par sa légèreté, ne nécessite qu'une faible incidence. S'il vole dissymétriquement, essayez de corriger avec la tension des fils avant ou des nerfs de poche mais vérifiez aussi que les tubes transversaux ne sont pas fêlés, la symétrie de leur flexibilité est importante dès que le vent forcit un peu. Si vous désespérez, décrivez-moi vos problèmes ou parlez m'en lors d'une rencontre sur le terrain.

 Je vous souhaite maintenant un très léger zéphyr... Maxime ROUSSELLE

Compléments 2004 :
1) J'ai mis un petit plomb à l'arrière comme indiqué, pour empêcher le passage à la verticale. Ce n'est pas pénalisant car on peut alors diminuer la courbure longitudinale et on récupère de la portance.
2) J'ai ajouté un 3ème fil du mat central au centre de la queue. En effet, si on tend les 2 tendeurs latéraux, on courbe trop le jonc de bord de fuite de queue et elle fait des poches indésirables. Maintenant, c'est le fil central qui tire pour régler la courbure longitudinale. Les 2 autres tiennent seulement la queue à plat (ou un peu inclinée pour compenser les dissymétries, astuce).


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