Changez de concept avec le "King".

Vous vous souvenez peut-être de Jonathan, ce goéland pilotable d'allongement 5, dont une photo est parue dans la revue du NCB, il y a un moment. Sur le même principe, j'ai voulu continuer dans la lignée des oiseaux pilotables. Autant en effet je salue l'imagination qui règne dans le monde des monofils, toujours divers de formes et de dessins, avec des manches à air, des messagers, des roues qui tournent, du patchwork, de la peinture, de la broderie, des transparences, autant le monde des pilotables tourne autour des deltas, un peu plus plats, un peu moins plats, un peu plus ouverts ou un peu plus fermés, avec les cotés droits ou courbes etc., ce qui constitue quand même un domaine assez limité.
Ce manque relatif de nouveauté est sans doute lié à la difficulté technique de faire voler ces machins, de pouvoir les piloter, et à leur maniabilité qui est différente de celle du delta (les axelmaniaques n'y trouveront pas leur bonheur). Le bridage doit être complètement différent de celui d'un delta : pour des appareils à allongement assez important, compte tenu de leur faible longueur qui n'offre pas de bras de levier suffisant, la tête, la queue ou la dérive ont peu d'influence : le seul moyen de les piloter est de torturer le bout des ailes, loin du centre. D'autre part on rencontre des problèmes de dérapage : la forme en gouttière des ailes fait que ces oiseaux se déplacent aussi volontiers en travers qu'en long ! Suite à ces questions, j'ai commencé à chercher si on ne pourrait pas piloter un oiseau grâce à des rémiges en bout d'aile commandées individuellement, et c'est ce qui explique (en partie) la forme de King. Mais j'ai abandonné le procédé faute de courage pour faire la bride (un ou deux petits fils à chaque plume...), faire des essais, modifier, re-régler... Les rémiges sont restées, la commande est plus globale.

plan

Pour quelques photos, voyez la présentation "Le King"


J'ai donc pris comme modèle un aigle royal, qui a des rémiges bien développées, et voilà pourquoi il s'appelle King. L'interprétation est quand même assez libre, et une aiglonne n'y reconnaîtrait sans doute pas son petit ! En tous cas il n'effraye pas des masses les autres oiseaux.
Pour les rémiges, il faut faire un ourlet au bord d'attaque de chacune, mais pas au bord de fuite, même pour la plus arrière, où cela serait tentant pour passer le nerf. La rémige peut ainsi "se prêter", et se mettre dans le vent, et pas en travers comme un parachute. L'ourlet d'extrémité, autour du jonc, est aussi important, il ne doit pas tendre le bord de fuite. La rémige de tête doit avoir un gros ourlet pour passer le tube de 5,5 mm de l'aile. Mettre un renfort de dacron au bout, mais laisser le coin libre, c'est la rémige elle-même qui tiendra la tension transversale. Cela permet, au repliage, de supprimer complètement cette tension quand on défait le tendeur, et de sortir facilement le tube du raccord central. De toute façon, la première fois que vous toucherez du coin de l'aile, il y aurait un trou, alors autant faire un trou propre (et celui qui dit qu'il ne se plante jamais est un sale menteur).

Centre et remiges


A propos de nerf de bord de fuite, je ne suis pas sûr qu'il soit bien utile, mais il consolide un peu ce bord où sont quand même attachés les tirants arrière, et il l'empêche peut-être un peu de battre. Ne pas le tendre cependant, sinon les rémiges mollissent d'autant.
Pour les durits enfilées sur le tube d'aile et supportant la tension du hauban qui va au bec, j'ai mis une goutte de cyano, sinon elles se déplacent, l'aile prend une position un peu plus arrière, la toile fait des plis au centre, et en plus le bout d'aile n'est plus tendu. Tout cela est très vilain, King n'aime pas ça, et cet animal noble fait alors exprès de mal voler.

bride

1 : réglage incidence centrale
2 : réglage dièdre transversal
3 : réglage incidence bouts d'ailes
4 : réglage rapport entre actions bout d'aile et mi-aile
5 : réglage incidence minimale aile avançante (voir détail A sur planche précédente)

La bride s'emmêle facilement, et il vaut mieux prendre des précautions en la rangeant.
Ne vous laissez pas rebuter par les multiples réglages indiqués. La plupart sont seulement des facilités de construction, à ne plus toucher ensuite. King est de toute façon assez simple et tolérant. Le pilotage est assez facile. King n'est pas très rapide, car les rémiges portent peut-être un peu, mais elles ont en tous cas un solide effet d'aérofrein. Vous pourrez faire du ballet. King encaisse les rafales par sa souplesse, et supporte assez bien les vents forts. Je vous en souhaite, mais n'exagérez rien, la souplesse a des limites, et le pilotage n'est plus très intéressant quand le King ressemble à une cocotte en papier !
Amitiés à tous, à bientôt sur un spot... Maxime ROUSSELLE

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